Empruntant autant à l’esthétique sombre du Derrick du début des années 80 qu’aux convulsions post-punk des Stranglers et autres Devo,les quatre membres d’Aerôflôt tentent d’introduire une dose de réalisme
socialiste électronique...
bio
Le jeune Bordelais Dima se découvrit un jour une vision idéalisée du marxisme-léninisme en
même temps qu’une ardente passion pour la musique virile des Stranglers. Il vola un
synthétiseur, instrument magique dont il puisa une philosophie de la vie qui l’amena à croiser le
docteur Bardou Jacquet, médecin expérimental notoire et guitariste au style peu orthodoxe.
Ils participèrent activement au groupe Summer Factory, avant de mener à bien un projet
d’electro-rock de facture artisanale en hommage aux grandes heures de l’aviation soviétique. La
démo s’appelait Especial , en référence aux sandwiches chauds bacon-crudités que l’on trouve
dans certaines stations balnéaires espagnoles. Ils soudoyèrent Don Postpuce à laisser de côté
son fameux groupe Calc pour les rejoindre dans leur aventure rétro-futuriste. Ils firent ensuite
une descente à trois pour débaucher Le Mage, que son goût pour les rythmes répétitifs avait
poussé à jouer avec Acrimonie.
Au moyen d’une technologie qu’ils qualifiaient fièrement de « tiers-mondiste », leur musique fut
d’emblée avant-gardiste et bagarreuse. Ils partirent à l’assaut des routes de France pour
délivrer la bonne parole de cette folle musique décadente, et grâce à d’habiles premières
parties (M83, Animal Collective, April March, Tex La Homa, Ned, Cyann & Ben, Gâtechien, The
Oliver Twist, Logh...), ils devinrent célèbres. On vit des femmes, rendues hystériques par leurs
allures de freak brothers ultra-modernes, envahir la scène pour leur arracher leurs tenues
déstructurées.
Le début d’une longue série de débauches bruitistes d’une veine que l’on doit bien qualifier
d’hispano-russophile, inspiré à la fois par les outrages de Soft Cell et par les hurlements des
Monks. C’est ainsi qu’ils réussirent à accomplir leur rêve : une tournée sur les rives du radieux
lac Baïkal.